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LA LETTRE de Louis Esparza n°35 Pont Saint Esprit, le 19 juillet 2009
La petite phrase qui en dit long : « moi, je ne lis pas les rapports de la Chambre Régionale des Comptes, c’est chiant (sic), trop long, trop ennuyeux… moi, je fais confiance à ce que dit Gilbert ». Et c’est de … Jacky Chailloux, l’un des plus éminents et sémillants adjoints au maire.
Après cela, étonnez-vous qu’il y ait si peu de démissions d’élus, alors qu’ailleurs, en pareille circonstance, il y a déjà belle lurette qu’ils auraient rendu leur tablier.
On peut même se demander si le maire ne les aurait pas envoûtés …C’est peut-être de ce côté là qu’il faudrait gratter, la loi pouvant réprimer les agissements sectaires, mieux que la mauvaise gestion municipale. Ce que confirme le Président de la Cour des Comptes, Philippe Seguin quand il écrit, dans un document du 8 juillet dernier, à propos de Pont-St-Esprit : « Le maire est en train de conduire sa commune à la faillite, mais nous ne pouvons absolument rien contre lui » (sic).
Baumet prend les devants : pour éviter que les manifestants n’envahissent le parc de la mairie le soir du 13, le maire l’a fermé et mis le personnel en congés ce jour-là. Astucieux, n’est-ce pas ?
La manif du 13 juillet : le parc de la mairie étant fermé elle a eu lieu au Rond-Point de l’Europe, bloquant partiellement la circulation, elle fut ainsi, plus remarquée. A cette occasion, on a chanté la Spiripontaine sur l’air de la Marseillaise, avec des paroles adaptées au contexte local, et particulièrement bien réussies (Aux urnes, citoyens…).
Les manifestants ont bu du petit-lait en écoutant cette chanson, raison probable qui a poussé le maire à porter plainte pour ébriété (au moins lui, ne manque pas une occasion de porter plainte).
Tout cela était très bon-enfant, mais, est-ce bien ce qu’attendent nos concitoyens qui, souvent, préfèreraient des actions plus dures incitant résolument les élus à la démission ; plutôt que ce genre de manif, certes très convivial, démontrant la détermination des manifestants, mais ne présentant, pour autant, que l’avantage d'être fédérateur : réunir les gens, les faire se rencontrer, parler entre eux, et ainsi … se défouler un peu.
Bref, un exutoire qui au fond ne gène guère la majorité, et peut, à la longue, être démotivant.
Conseil municipal : comme supposé, ici même, le prochain conseil municipal devrait avoir lieu au moment le plus creux, entre 14 juillet et 15 août. Légalement, le maire doit en faire au moins un par trimestre, il est donc en infraction pour n’en avoir fait qu’un depuis le début de l’année (le 31 mars).
Le maire espace ainsi les réunions du conseil et les fixe aux dates vacancières, car ils sont la seule opportunité pour les manifestants de l’évincer, en cernant la mairie non stop, et en ne laissant sortir que les élus qui se présenteront leur démission écrite à la main.
Hors cette occasion, les autres manifs sont totalement inefficaces et considérées par les élus à l’image du proverbe arabe : le chien aboie, la caravane passe.
Errare humanum est : des lecteurs m’ont fait remarquer que je m’étais planté en écrivant que le Conseil Communautaire du 7 juillet s’était réuni en secret. En réalité, il était annoncé dans le journal du 5 (en page 4).
Dans ces conditions, comment se fait-il que le Collectif n’y ait pas amené les manifestants et que Baumet, s’en doutant, s’y soit rendu pour parader au côté du maire de Bagnols ?
Comme moi, les membres du Collectifs auraient-ils mal lu le journal, et leurs amis bagnolais ne les prévenant pas, ils seraient passés à côté de cette occasion de manifester ? Ou alors, auraient-ils renoncé à ce genre de manif comme ils ont renoncé à poursuivre le corbeau ?
Il semblerait qu’il y ait là un mystère, ou pour le moins un manque d’information, que le Collectif devrait combler afin d’éclairer la lanterne de ses fidèles manifestants … un peu déçus.
John Bull boude : nos jumeaux d’Haverhill nous boudent. Surtout leur maire, depuis qu’il a été empêché de trinquer avec son collègue Gilbert, lequel s’était esquivé pour cause de manif à son encontre (comme d’habitude : courage … fuyons).
Et nos jumeaux, du haut de leurs grands chevaux et de leur quant-à-soi, de ne pas comprendre ces manants frenchies qui s’insurgent contre leur seigneur.
Mais si, dans le cadre du jumelage, ils devaient partager avec nous, nos tailles et nos gabelles, ils ne seraient sans doute pas venus pour trinquer avec leur ami Gilbert, mais pour aider à le chasser de la mairie, peut-être même sans ménagement et manu militari.
La pensée du jour : Il faut descendre de cheval pour comprendre la réalité.
(Mao-Tsé-Toung)