LA LETTRE de Louis Esparza n°55 Pont St Esprit, le 19 novembre 2009
Le scoop du jour : « Le Conseil d’Etat va être saisi d’un pourvoi en cassation de l’ordonnance rendue par le juge des référés du Tribunal administratif de Nîmes du lundi 16 novembre 2009 relative à l’arrêté préfectoral de convocation des électeurs de Pont-Saint-Esprit ».
Tel est le texte du communiqué préfectoral d’hier soir. Cela dit, soyons réaliste, quand on lit les arrêts du Conseil d’Etat, il n’est vraiment pas évident qu’il puisse désavouer le Tribunal Administratif. Ainsi, l’espoir peut renaître, mais il ne faut pas trop pavoiser pour autant.
En attendant, on peut s’interroger sur le principe que voici…
Le principe du pot de confiture : on n’arrive pas à l’ouvrir. Il passe de main en main, chacun force sans y arriver mais, le couvercle s’échauffe, se décolle imperceptiblement, et c’est celui qui le prend après les autres qui l’ouvre sans forcer et … en tire toute la gloire. Le phénomène est le même ici avec les divers animateurs de l’opposition :
René Deubel, le premier à s’être frotté à Baumet et à l’avoir payé de sa personne ; tout le monde l’a oublié, et Castillon l’a écarté de la liste, dont il était jadis le leader…
Michel Tachon, quand il était élu, a découvert avec moi comment Baumet empruntait pour payer les effectifs en surnombre et nous l‘avons dénoncé. La contestation objective est partie de là. Aujourd’hui, personne ne s’en souvient, et Tachon est écarté lui aussi.
Jean-Marie Daver, le plus ancien opposant de Baumet, écarté à son tour (mais candidat quand même, du fait qu’il dispose d’une structure politique expérimentée…).
Moi-même, le seul à avoir intenté des procès à Baumet et les avoir gagnés (comme avec l’eau que depuis l’on paie moins cher), personne ne veut s’en souvenir. Et l’on essaie de m’isoler en me reprochant de ne pas m’être fait que des amis, que je serais clivant (sic), etc..
Bref, pour ces élections, un seul faisait l’unanimité sur sa légitimité à être candidat, c’est Roger Castillon. La raison est simple : en janvier, la brutale augmentation des impôts fait sortir les gens dans la rue, Baumet est enfin déstabilisé, Castillon leader le l’opposition prend naturellement la tête du mouvement, et c’est comme s’il avait ouvert le pot de confiture.
Ainsi, tout le monde le voyait maire au soir des élections…Et critiquait ceux qui osaient faire leur propre liste, comme s’il était démocratique qu’il soit seul candidat face à Baumet.
Mais arrive la déconvenue, l’élection est suspendue, et les mêmes qui la veille l’encensaient commencent à douter. Pendant la courte campagne personne n’a rien dit pour ne pas faire le jeu de Baumet mais, aujourd’hui, au sein même du courant qui porte Castillon, les langues se délient pour critiquer ses erreurs :
- avoir remis sur la liste des candidats Laure Régamey qu’il avait fait démissionner avant, ce qui est exploité par l’avocat du Maire comme révélateur d’une manœuvre…
- avoir divisé le mouvement pour aller aux urnes sans Daver, ce qui a été mal perçu…
- avoir trahi les siens en droitisant la liste, au risque de s’aliéner une partie de l’électorat de gauche, sans pour autant attirer les électeurs de droite qui préfèrent la vraie droite.
- s’être fait avoir par le préfet qui, pour obtenir l’arrêt des manifs, l’a embarqué dans une manœuvre qui, pour l’heure, sert Baumet.
Enfin, en attendant la manif de dimanche et l’arrêt du Conseil d’Etat, certains s’interrogent sur les capacités des uns et des autres pour gérer une crise, certes pour le moins singulière, mais révélatrice de l’envergure réelle de ceux qui prétendent au leadership.
Ainsi, bien des raisons objectives pourraient ternir le blason de Castillon et, peut-être, le renvoyer lui-aussi vers le groupe de ceux qui n’ont pas réussi…à ouvrir le pot de confiture.
D’où l’on peut conclure que le jour où il y aura de nouvelles élections, les listes ne seront probablement pas les mêmes … et les favoris non plus.
La pensée du jour : ignorer l’Histoire, c’est se condamner à la revivre. (Henri Verneuil)