LA LETTRE de Louis Esparza n°57 Pont St Esprit, le 30 novembre 2009
Le principe du balancier : l’action ne faiblit pas. Après la grande manif du dimanche 22, rassemblement à la fontaine de l’Europe samedi dernier, auquel est venu se greffer le défilé tractorisé des agriculteurs opposés au projet de gravière. Et samedi prochain, on se retrouvera au même endroit …Décidément, les manifestants ne désarment plus.
La flambée des impôts, qui pose des problèmes financiers parfois dramatiques aux contribuables, et l’espoir électoral déçu, expliquent et justifient amplement ces mouvements de rue. Mais, après un si long règne despotique où personne n’osait bouger, où les rares opposants qui la ramenaient faisaient figure de kamikaze ; on peut se demander si les manifestants ne se libèrent pas aussi d’un long refoulement en extériorisant la rancœur accumulée durant tout ce temps. Et avec d’autant plus d’ardeur que la privation a été longue.
C’est en quelque sorte le principe du balancier, où l’énergie accumulée quand le mouvement va dans un sens, se libère pour aller en sens inverse, avec autant d’ampleur.
‘’Le Canard’’ en question : dans les années 90, j‘avais un contact au ‘’Canard Enchaîné’’ à qui j’envoyais des billets et même des photos qu’il publiait aussitôt. C’est ainsi, que pour l’inauguration de la salle polyvalente de Carsan, baptisée ‘’Salle Gilbert Baumet’’ (à l’époque, presque tous les maires du canton étaient en adoration devant le nôtre, alors que sa gestion laissait déjà à désirer…), le ‘’Canard’’ diffusa la photo avec un commentaire approprié…
Puis, un jour, plus d’écho dans le ‘’canard’’ des papiers que j’envoyais. J’appelle mon contact qui me répond tout de go, qu’il ne prenait plus mes informations car, on l’avait prévenu que j’étais quelqu’un de peu recommandable.
Peu de temps après, un ami bien placé vint m’apprendre qu’un administrateur du ‘’Canard’’ avait sa résidence secondaire dans la région, que Baumet l’avait rencontré, et obtenu le mutisme de ce journal à l’égard de tout ce qui concernait notre cité … Et ça dure depuis.
Ainsi, pour ce qui est des événements, la quasi totalité de la presse nationale en a fait écho, sauf, ‘’Le Canard’’. Et pourtant, on ne peut pas dire que la situation soit banale. Résumons-la : au bout d’un long et despotique règne, le maire a ruiné la commune, les impôts s’envolent et une partie de la population ne peut plus payer ; les manifestants se déchaînent ; pour calmer le jeu, le préfet décide d’élections ; le maire saisit la Justice et, fait unique dans les annales de la République, les élections sont suspendues ; l’administration saisit le Conseil d’Etat ; les habitants toujours aussi déterminés continuent les manifs ; viennent s’y greffer les manifs anti-gravière ; la vidéosurveillance est suspectée de surveiller des manifestants qui reçoivent ‘’d’amicales’’ pressions du genre : « on t’a vu à la manif, etc..» (comme déjà relaté dans LaLettre n°15) … Et ce n’est pas fini. Mais, dans ‘’Le Canard’’, toujours rien.
Enfin, comme il se dit que les animateurs du mouvement ont pris contact avec ‘’Le Canard’’ pour l’intéresser à ce qui se passe ici ; désormais, le mercredi, c’est avec une curiosité particulière que j’ouvrirai ce journal, pour voir si les accords passés jadis sont enfin révolus…
Comme un crime de lèse majesté : mes deux dernières lettres m’ont attiré des messages de lecteurs me demandant de les rayer des listes des destinataires de LaLettre…
Ne soyons pas étonnés du comportement de ceux que je dérange en dévoilant le dessous des cartes, et qui approuvent qu’un blog anonyme me traite comme le suggère Don Bazile dans l’air de la calomnie ; c’est d’un comportement comparable que relèvent ceux qui n’ouvrent pas les journaux, pour ne pas avoir à y lire des nouvelles déplaisantes.
Moralité, celui qui écrit doit choisir entre parler vrai et caresser le lecteur dans le sens du poil. Pour ma part, n’ayant pas un caractère à pratiquer la langue de bois, je dis la vérité. Et tant pis si c’est au détriment de mon audience. D’autant que prêcher dans le désert, je connais : j’ai passé des années à m’échiner pour prévenir les spiripontains qu’on allait droit dans le mur mais, pour réaliser, il a fallu que le préfet les touche au porte-monnaie…
La pensée du jour : le caractère, c’est d’abord de négliger d’être outragé
ou abandonné par les siens. (Charles De Gaulle)