Le blog de SJDP

LA LETTRE de Louis Esparza              n°34             Pont Saint Esprit, le 11 juillet 2009

 

Bis repetita : comme l’an dernier, le maire essaie de faire croire que les impôts locaux vont baisser (tracts distribués dans les boîtes aux lettres ces jours-ci).

C’est l’application de sa stratégie : gagner du temps. Et comme l’an dernier, il espère qu’on le croira. Quand tomberont les feuilles d’impôts contredisant ses dires, il parlera d’erreur, de complot, que c’est la faute de l’opposition, mais qu’il va faire baisser les impôts, et qu’en attendant il va aider les personnes en difficulté à demander des dégrèvements, etc..

Bien sûr, il devra essuyer les manifs des plus mécontents, mais il faut bien que les gens se défoulent. Et si cela chauffe trop, il se cachera et les siens diront qu’il est hospitalisé …

On est dans le même schéma que l’an dernier, en plein surréalisme, mais ça marche. Et de temps gagné en temps gagné, il espère ainsi tenir jusqu’en 2014 … au moins.

 

Les affaires reprennent : pour le maire surtout qui, en moins de quinze jours, est passé en photo quatre fois dans le journal : pour l’arrêté préfectoral ; la distribution des dictionnaires (deux fois) ; et la réunion du Conseil Communautaire, où il parade avec son président, le maire de Bagnols.

 

Que des amis : hormis dans sa commune, où depuis le début de l’année la contestation fait rage, ailleurs, on peut dire que notre maire n’a que des amis. Impossible d’en faire la liste exhaustive tant elle serait longue (la mémoire de l’ordinateur n’y suffirait pas). Mais on peut en citer quelques uns, à droite comme à gauche, car il a des amis partout, sans distinction de sensibilité.

 

 D’abord à gauche où il a fait l’essentiel de sa carrière : Jack Lang, une amitié fraternelle de longue date ; Roland Dumas, qui n’hésite pas à remettre sa robe d’avocat pour venir le défendre devant le tribunal de Nîmes ; Martine Aubry, depuis qu’il l’a côtoyée au Gouvernement … Et dans  la région : Patrice Prat, maire de Laudun, un fils spirituel ; Jean-Christian Rey, maire de Bagnols, qui l’a aidé à faire sa réapparition au Conseil Communautaire, en organisant une réunion en catimini pour que les spiripontains ne viennent pas manifester ; le bon docteur Pissas, conseiller général d’à côté, qui l’accueille dans son hôpital ; et les collectivités qui l’ont choisi pour présider la nouvelle maison de retraite de Saint-Paul-les-Fonts, en considération probablement de ses prouesses municipales…

Il n’y a qu’ici que la gauche lui soit défavorable, ce qui singularise le PS local.

 

Et à droite : Charles Pasqua, qui jadis au sénat votait pour lui, sans que ses amis socialistes, qui l’avaient fait sénateur et président du Conseil Général, n’y trouvent à redire ; Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes, avec lequel ils se sont partagés les zones d’influence depuis les années 90 ; Jean-Marc Roubaud, notre député, qui le conseille et l’aide de ses relations gouvernementales ; Max Roustan, maire d’Alès, sorte de petit-Jésus, qui après une gifle tend l’autre joue, et ne lui tient donc pas rigueur de l’avoir planté aux sénatoriales ; et la droite locale, dont le leader historique de l’UMP est l’un de ses adjoints 

Finalement, il n’y a que Philippe Seguin, son ami de jeunesse au Lycée Daudet, à l’avoir lâché. Il est vrai que devant veiller à la bonne utilisation des deniers publics, il ne pouvait faire autrement.

 

En résumé, la gauche l’a porté au pinacle, en le faisant ministre ; et la droite amortit sa chute, avec l’aide compatissante des élus de gauche.

Bref, un politicien qui fait le consensus de la classe politique, avec des amis serviables dans tous les camps … ce qui ne facilite pas la tâche de tous ceux qui, ici, veulent le sanctionner.

 

La pensée du jour :  ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent qui la fait tourner.

                                                                                                                                    (Edgar Faure)

 

 

PS : tout le monde fait grand cas de la lourde sanction qui frappe Jean-Christian Rey, maire de bagnols,  pour une peccadille comparé à ce que fait Baumet impunément.

La différence entre Rey et Baumet, c'est que le premier s'est trouvé en infraction vis à vis de textes très précis. Alors que pour le second, les textes ne sanctionnent pas la mauvaise gestion municipale. Et ça, on le doit à ‘’Gastounet’’, comme déjà développé ici. Pour qu’il en soit autrement, il faudrait  modifier les lois en question ... vaste programme.

Dim 12 jui 2009 Aucun commentaire